Souvenirs insolites du Festival de Cannes
14 mai 2008 · vu 517 fois · Commentaire
C’est à se demander si une partie du public ne vient pas au Festival que pour huer ou siffler, et cette année, que se passera-t-il encore ?

En 1960, la Palme d’or du 13e Festival de Cannes était remise à “La Dolce Vita” de Federico Fellini mais film condamné par le Vatican et hué par le public.
En 1967, l’arrivée de Brigitte Bardot déchaîna des passions telles qu’elle réussit à monter les marches mais escortée par une meute de policiers.
En 1968, le Festival débute le 10 mai malgré les évènements mais François Truffaut et Jean-Luc Godard organisent la rébellion contre “l’Etat gaulliste”. Le jury, composé de Orson Welles, Louis Malle, Monica Vitti et Roman Polanski apporte son soutien, une manifestation est organisée le 18 pendant une des projections, le Festival sera officiellement annulé le 19.
“La Grande Bouffe” de Marco Ferreri fait scandale en 1973 car il dénonce la “bouffe” si chère aux Français par des scènes scatologiques. Mastroianni, Noiret, Piccoli et Tognazzi jouent 4 amis réunis dans une villa pour un banquet fatal. Le film recevra finalement le Prix de la Critique Internationale, ex-æquo avec “La Maman et la putain” de Jean Eustache, autre film qui choquera la Croisette !
En 1983, Isabelle Adjani s’attire les foudres des photographes du Festival car ils considèrent que la star se prend trop pour une diva, ils décident de boycotter sa montée des marches pour le film “L’Eté meurtrier”, tournant le dos et déposant à terre leurs appareils…
En 1987, Maurice Pialat reçoit la Palme d’or pour “Sous le soleil de Satan” mais l’histoire d’un abbé doutant de sa foi qui rencontre le diable est hué par le public, Maurice Pialat répondra : « Sachez que si vous ne m’aimez pas, je ne vous aime pas non plus ! ». Et pan !
Le Grand Bleu s’était imposé comme Le film de sa génération, mais sifflé à Cannes, présenté hors compétition, créant une cassure irreversible entre les journalistes et Luc Besson. Car quand il est ressorti en version longue, l’affiche indiquait : « N’y allez pas, ça dure 3 heures ! »
Puis tempête en 1991 quand Madonna débarqua avec “In bed with Madonna”, la sécurité décuplée pour que la chanteuse-actrice puisse monter les marches dans sa tenue légère “Jean-Paul Gaultier” qui fit d’elle la star ayant ameuté le plus de monde autour des marches du Palais.
En 1994, le Président Clint Eastwood est assisté de Catherine Deneuve mais jugement final difficile ; Ils ne sont pas d’accord, c’est finalement Clint Eastwood qui l’emporta. Mais sa décision ne fut pas bien accueillie alors Quentin Tarantino fit un petit doigt d’honneur aux contestataires de la salle.
David Cronenberg, papa de “La Mouche” et “eXistenZ” présenta Crash, sujet brûlant provoquant la colère des festivaliers qui quittent la salle en huant le film. Pourtant il se verra orner d’un Prix spécial du jury… les huées reprirent de plus belle !
Même accueil pour Michael Haneke avec “Funny Games”, accusé de faire l’apologie de son film à scandale…
Mathieu Kassovitz avec “Assassins”, enflamme les journalistes réticents en déclarant que « ce film est une expérience qui doit être désagréable car la violence n’est pas agréable »
En 1999, 2 prix, 2 films pour “Rosetta” et “L’Humanité”. La réaction des journalistes américains fut très pessimiste, jamais un palmarès n’avait été aussi contesté !
La soirée des Hots d’or, qui avait pris depuis une 10aine d’années ses quartiers à Cannes pendant le Festival fut chassé de la cérémonie par la Mairie après de nombreuses réclamations et malgré divers contestations, la décision restera inchangée.
Les participants du Loft Story de 2001 se sont vus refuser l’entrée par les vigiles qui les repousseront ! Aziz et Delphine souhaitaient juste monter les marches, ce fut rapé !
“Irréversible” présenté sur la Croisette en 1ère mondiale comme violent et difficile, pourtant, le film a provoqué l’indifférence du public resté jusqu’à la fin, ainsi que du jury qui ne lui décerna au final aucun prix !
En 2003, “Brown Bunny”, film quasi-muet se termine avec une scène de 20 minutes où on assiste à une fellation non simulée. Les critiques se lâchent, le réalisateur défendra le film aux Etats-Unis, très mal reçu…
George W. Bush est en pleine seconde campagne, quand le jury cannois décerne la Palme d’or à “Fahrenheit 9/11″ de Michael Moore. On y parle de la guerre en Irak et la polémique enfle mais reçoit la Palme, George W. Bush déclare : « Cette récompense démontre que les Etats-Unis sont un pays libre où chacun a le droit de dire ce qu’il veut », il fut réélu peu après.
Sophie Marceau a finalement fait parler d’elle inconsciemment en 2005, mais personne ne lui a dit : « cachez ce sein que je ne saurais voir »…
Alors que va-t-il se passer cette année ? Allez savoir !











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